Texte
Thomas Boncar
Ce banc avait un jour été un autel à ce qu’il y avait de meilleur. Joie et liesse y avaient été offertes comme de ferventes prières à quelque dieu se targuant d’être bon. Les « je t’aime » les plus sincères y avaient été prononcés, les baisers les plus exultants y avaient été échangés. L’air y avait été chaleureux, empli de magie et chargé des arômes végétaux émanant d’une végétation bigarrée et garnie.
La clôture en bois de Tamarin avait été surplombée de haies fleuries, enclosant ses visiteurs dans un monde intime ; la seule ouverture étant l’azur céleste. Le temps semblait s’arrêter lorsque l’on s’y trouvait ; et avoir fui lorsque l’on ne s’y trouvait plus.
Pourtant, tout cela était révolu. Ce banc n’était aujourd’hui plus qu’un squelette au milieu des friches. Abandonné, oublié. L’endroit semblait ne plus rien avoir de bon. L’air était étouffant. Les fleurs avaient disparu, les haies avaient été abattues. Les bois sauvages dominaient l’horizon, et même le ciel avait perdu de sa splendeur. Là où ce dernier se tenait autrefois fièrement en surplomb de mille couleurs, il n’était aujourd’hui plus qu’un voile monochrome posé sur un enfer de vert de gris.